ANDORRA TRAIL

 

ANDORRA ULTRA TRAIL - LA MITIC  - Juillet 2017

 

Christophe - Jérome - David - Sébastien

Résumé Christophe

Cette année moi et ma petite tribu mettons le cap pour les vacances en Andorre. Bien sûr, la destination n’est pas anodine car il y a un trail qui me tiens à cœur : la Mitic de l’Andorra Trail (112 kms pour 9700 m D+).

Nous campons à Ordino qui est le lieu de départ et d’arrivée de la course. Le matin nous récupérons mon dossard. C’est là que nous rencontrons la team Loiret. Nous discutons stratégie course et le suivi de la course par les accompagnatrices en terrasse d’un café. Puis chacun rentre dans ces quartiers pour se restaurer et se mettre au calme car le départ sera donné à 22h00.

Après avoir badger mon dossard, je retrouve les Loirets dans la foule avant le départ. Nous échangeons quelques mots, prenons quelques photos puis le départ sera donné suite à un feu d’artifice.

Etant arrivé en retard pour le départ je profite des 5-6 km de plat pour me positionner en milieu de pelotons. Mais bien vite, je laisse filer afin de faire la course à mon rythme car elle sera bien assez longue et autant se préserver dès le début. Passer Liorts, nous quittons le bitume pour trouver un chemin caillouteux et déjà le décor est planté car il ne s’agit plus de courir : nous débutons l’ascension qui nous mènera au Pic Comapedrosa (2942m)

Comme à mon habitude de départ de course, je n’ai pas de super sensations : jambes lourdes, début de crampes, souffle court, angoisser quoi.

Sur les conseils de Laurent Drouin qui a couru plusieurs fois l’Andorra, il m’avait prévenu que l’idéale était d’arriver bien à la Margineda qui est la 1ère base de vie de la course. Du coup, je réduis l’allure afin de réguler mon souffle. L’accès au Comapedrosa, ce fait par des traversées de neiges éternelles puis par une ascension de plus en plus raide dans des champs de pierres qui se dérobent à chacun de nos pas. Donc en termes d’adhérence, ce n’est pas le top. Surtout que les jambes sont en feu. Sur les 3 derniers kilomètres du Comapedrosa, on prend environ 1000 m de dénivelés positifs.

Arrivé en haut du pic, je suis heureux de l’avoir gravi, mais inquiet pour la descente très technique qui m’attend car les jambes flageolent. Pour descendre au refuge de Comapedrosa, je m’oblige à maitriser ma foulée afin d’éviter au maximum les traumatismes musculaires. Je ne m’attarde pas trop au ravito, juste le temps de remplir mes deux gourdes et de manger un peu.

Le trajet sur Botella devient plus fluide, mais toujours mes crampes qui me pénalisent dans mon allure. Et le fait de descendre, j’ai des sensations de froid. D’ailleurs arrivé à Botella, je ne suis dans mon assiette. Heureusement, Isabelle, Solène et Jérôme sont là pour me rebouster. Isabelle m’indique que je me situe aux environs de la 150ème place. Puis, je ne traine pas afin de limiter la sensation de froid. La descente sur la Marginéda (1ère base de vie) se déroule bien. Je sens que la course pour moi commence. Je me sens plus sûr dans mes trajectoires.

 J’arrive à la Marginéda, il est 8h30. Cela fait 10h30 de course pour 45 km de fait. Surprise, c’est Laurent et Anne-Cécile Drouin qui m’accueillent car il a stoppé sa course par des soucis gastriques. Je retrouve Isabelle et les filles au ravito. Là, je me pose. Isabelle me masse, je change de tenue et me restaure. Laurent me briefe la prochaine ascension : le col Bou Mort 1600 m D+ pour environs 10 bornes. 9h08, je repars de la Marginéda tout en profitant des conseils de Laurent.

La montée sera longue jusqu’à Claror (3h30) mais pas trop difficile. La- haut le vent se lève et le ciel se charge.

Sortie de Claror, je me greffe à un groupe de 4-5 espagnols. Dans l’ascension qui mène au refuge d’Illa nous sommes surpris par l’orage et un impacte de foudre tombe à une cinquantaine de mètre de nous. Et là, je peux vous dire qu’on en mène pas large. On se trouve sur une crête à plus de 2000 mètre d’altitude avec une tempête de grêle plus l’orage au- dessus de nos têtes.

Arrivé au refuge d’Illa, je prends le temps de me sécher et de me réchauffer avec une soupe.

L’orage passé, je repars, il me tarde de revoir les filles à Bordes au km 77. Nous passons au pied des lacs Pessons et apercevons le Pas de la Case.

J’arrive enfin à Bordes (2ème base de vie). On m’annonce à défaut qu’il n’y aura pas de classement du fait que la course a été stoppée durant l’orage. Du coup cela m’influence à abandonner. Idée qui sera vite oubliée par les filles qui me raisonnent. Laurent me retrouve et me plante le décor pour la suite.

Je repars de Bordes suite à ¾ d’heure de pause. C’est alors que je décide de rattraper mon retard. Ce sera une grosse erreur. Car à Inclès (85ème km), j’arrive vider. J’ai la nausée des sueurs froides. Je profite de cet arrêt pour changer de chaussures. Laurent m’équipe en vêtements chauds et lampe frontale car la mienne donne des signes de faiblesse suite à une chute. Puis il me brief sur la suite de la course.

Comme l’avait annoncé Laurent, les ascensions des derniers cols seront traumatisantes autant physiquement que moralement car ça ne s’arrête jamais. Tu penses avoir fini avec une montagne que tu en a une autre qui t’attends au sommet de celle-ci.

Com de Jan est un petit refuge de berger d’une dizaine de mètres carrés où la chaleur du feu de bois contraste avec le froid extérieur. Je ne m’y attarde pas trop longtemps car je sais qu’il me reste un dernier col à gravir avant de basculer vers une descente de 18 kms vers Ordino, l’arrivée.

Je sais que mon rythme baisse, afin de garder une certaine vitesse de marche, je m’accroche à un groupe de 3 personnes que je tiens à vue le long de cette dernière ascension. Arrivé en haut du dernier col, je suis dans un état d’épuisement tel que je vomis le ravito pris précédemment. Je récupère et j’entame la descente. Je ne vois plus de frontales que ce soit devant ou derrière moi. Il doit être 1h ou 1h30, c’est là que me viennent mes premières hallucinations (je confonds des marmottes avec des pierres ou même je crois voir une présence humaine alors qu’il s’agit d’un arbuste).

Du coup, je reprends mes esprits et réduits l’allure malgré qu’elle soit faible. D’autant plus que mes piles de frontales sont à plats. Heureusement au refuge de Sorteny, Laurent m’attend et il m’indique qu’Isabelle a une frontales avec des piles chargées, 2kms après ce dernier ravito.

La vue d’Isabelle me fait du bien surtout qu’elle m’apprend que les filles seront à l’arrivée pour m’accueillir.

A ce moment, il me reste environ 10kms, je m’accroche au peu de force qu’il me reste pour retrouver ma tribu. Que ce sera dur d’en finir. Les jambes n’en parlons pas mais j’ai le bid complètement détraqués.

Enfin Ordino, et le camping où nous logeons, un lieu familier. Là, c’est dans la poche, 2 petits kilomètres, j’aperçois Laurent qui me fait signe et s’en va prévenir les filles de mon arrivée. Que du bonheur de finir ce périple et de passer la ligne d’arrivée avec les siens. Un grand merci à Isabelle pour son soutien pendant la course et pendant la prépa de ce trail. Ainsi qu’à mes filles : Solène, Pauline, Romane et Lya pour leurs différentes marques d’affections à mon égard. Un petit mot aussi pour Laurent Drouin qui malgré son échec lors de la Ronda m’a soutenu de la Margineda jusqu’à mon arrivée à plus de 4h du matin et aussi pour avoir aidé Isabelle pour me suivre aux différents points de ravito.

Une course très dure où mes limites ont été une fois de plus repoussées.

Christophe

 

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